01 février 2007
12-Retour au Caire
Je n’irais pas jusqu’à dire que Le Caire me manquait, mais c’est avec plaisir que nous revenons profiter des deux derniers jours de notre voyage dans la capitale. Il reste tant de choses à voir, nous établissons alors notre quartier général au Dahab hôtel, petite oasis au cœur de la ville, les chambres minuscules sont dispersées sur une terrasse, c’est comme un petit village où plantes exotiques et chats autochtones cohabitent en toute quiétude.
Point de grasse matinée en ce jeudi matin, en un jet de métro nous débarquons à Gizah pour aller visiter tout de même les fameuses pyramides qui font la grandeur de l’Egypte. A la sortie du métro, un homme prénommé Mustapha accompagné de son neveu se propose de nous aider pour parvenir jusqu’au site, il nous abreuve de conseils et de belles paroles, nous offre à chacun un grand verre de jus de canne à sucre, nous promet monts et merveilles en nous invitant chez ses parents qui depuis leur appartement ont une imprenable vue sur les pyramides, il nous paye le bus et nous accompagne chez l’un de ses amis qui comme par hasard loue des dromadaires aux touristes fainéants. Je me disais bien que notre nouvel "ami" en faisait un peu trop et que sa générosité cachait quelque chose. Il faut presque que je me fâche pour faire comprendre à cet homme que nous préférons marcher, que nous avons de bonnes chaussures et que de toute manière son prix nous semble excessif (On se rendra compte plus tard qu’il nous proposait un prix supérieur au tarif normal, mais il fallait bien que Mustapha obtienne sa petite commission)
Ce petit contre temps nous a toutefois permit de visiter les coulisses des pyramides, et nous découvrons que tous les immeubles longeant le mur d’enceinte en contrebas se sont transformés en étables. Des dizaines de chevaux et de dromadaires vivent dans des appartements jadis déstinés aux humains. La pisse ruisselle dans la rue et pique nos nez éprouvés, des tonnes de luzerne fraîchement livrées seront servies à la cantine de midi, des mômes rejouent le tiercé à grands galops déployés tandis qu’un dromadaire prend une douche dans sa salle de bain privée en se savonnant sous les aisselles avec un bon savon d’Alep contenant pas moins de 35% d’huile de laurier et qu’une jument affalée sur un canapé regarde une émission de variété diffusée sur une chaîne cablée.
Nous finissons enfin par atteindre l’entrée et divaguons parmi les vieilles tombes remplies de détritus ou d’excréments, parmi les vieilles pierres mille fois taguées, parmi les vestiges à moitié échoués, parmi les petits temples à demi ensablés et tout cela avec comme toile de fond, les trois plus célèbres pyramides du monde et un sphinx nasalement érodé.
Un gardien des antiquités nous propose moyennant pourboire de gravir une petite pyramide pour bénéficier d’une vue, selon ses dires, magnifique.
Je l’invective en lui faisant part de mon indignation face à ces tonnes d’ordures répandues sur le site ! Avec tout l’argent et le profit généré par les millions d’entrées annuelles, je ne comprend pas qu’il ne leur soit jamais venu à l’idée de payer quelques chômeurs pour rendre ce lieu plus agréable et que le visiteur ait au moins la sensation qu’une certaine forme de respect perdure en la mémoire de tous les anciens occupants de ces sépultures.
Il m’affirme que ce n’est pas de son ressort et dévie à nouveau la conversation sur l’escalade interdite et le pourboire censé abroger cette interdiction.
Plus têtu que lui, je lui demande de transmettre mes doléances à ses supérieurs et que de toute façon j’écrirais une lettre au ministre ainsi qu’au président et que Jacques Chirac c’est mon ami et Zinédine Zidane aussi.
Qui n’a jamais vu un japonais prendre un autre japonais en photo ? J’ai inventé ce jour là un jeu qui consiste à poser sur la photo du japonais, un peu en arrière plan, l’air de rien ou en faisant de grands gestes hyperboliques. L’idée que des japonais possèdent une photo des pyramides avec ma trombine dessus n’a de cesse de me faire délirer et je vous invite tous à vous incruster de la même manière sur les clichés de vos prochaines rencontres nippones ou coréennes.
Par ce beau jeudi après midi, nous allons nous enfermer au musée égyptien pour admirer tout ce que les pilleurs ont laissé aux archéologues. Bien sûr le trésor de Toutankhamon reste le clou de la visite avec ses milliers de pièces inestimables, mais les autres salles réservent aussi des trésors plus modestes et très bien conservés qui permettent d’imaginer le quotidien de cette civilisation ancienne.
La salle des momies demeure dans nos mémoires le moment fort de la journée, surtout après la crise d’hystérie de l’une des gardiennes qui sans ménagement admoneste en paroles intraduisibles un jeune homme égyptien qui filmait en toute tranquillité les visages secs et muets des prestigieux pharaons figés dans la mort, malgré les interdictions moult fois ressassées (Il a quand même réussi à passer trois fouilles et deux portiques détecteurs de métaux avec son caméscope, ce con là).
Par contre, le silence pourtant exigé dans cette salle hautement surveillée à été brisé par les vociférations de la gardienne et j’ai encore du mal à comprendre comment les momies ne se sont pas réveillées après un tel ouragan, qui deux mois plus tard doit encore résonner dans les longs couloirs du musée.
Nous terminons cette soirée par un rendez vous d’affaires autour d’une bière égyptienne bien fraîche et d’un assortiment de plats raffinés de même provenance, confortablement assis sur les banquette en cuir d’un pub anglais situé au sous sol d’un palace quatre étoiles après avoir mangé un putain de délicieux koshari (le plat du pauvre : nouilles, riz, lentilles, pois chiches, oignons secs et sauce tomate) dans un petit boui boui sans prétention mais avec beaucoup de sciure verte par terre, situé dans l’un des quartiers les plus populaires du Caire.
02 février 2007
13-C'est le bazar
Vendredi, jour de prière obligatoire, de prosternations synchronisées, d’invocations fraternelles, de louanges à la gloire d’Allah, mais aussi jour d’ablutions et de toilettes, de pèlerinages familiaux et veille de notre retour en France.
Nous commençons cette journée par la visite de la citadelle Salah ad-Din (Saladin en français, peut-être un lointain ancêtre de Saladin des Deschiens).
Ils se sont tous donné rendez-vous ici, mais c’est normal, comme je te le disais au début, nous sommes vendredi, jour qui correspond à notre dimanche national.
C ‘est la première fois que nous croisons un si grand nombre de femmes et de filles, elles sont presque majoritaires et accompagnent les hommes pour la prière hebdomadaire. Dans ce pays c’est parfois inquiétant de voir autant d’hommes et jamais de femmes, Stéphanie s’est retrouvée de nombreuses fois noyée au milieu de foules moustachues sans la silhouette d’une seule femme voilée à l’horizon. J’essaie d’imaginer le contraire, moi seul homme au cœur d’une ville dominée et investie par les femmes. Pourrais-je à la longue supporter leurs regards, leurs avances, leurs réflexions déplacées, leur présence continuelle, leur mépris, leurs désirs, leur monopole ? Pas si sûr !
En tout les cas nous ne passons pas inaperçus et il n’est pas rare que l’on nous sollicite pour échanger quelques mots d’anglais ou pour poser avec eux sur une photo qu’ils montreront à leurs amis absents ce jour là en se vantant d’avoir des relations européennes.
Pour la troisième fois consécutive, nous allons nous perdre dans le labyrinthe que constitue le Caire Islamique et ses ruelles toujours animées, parfois ombragées, souvent odorantes, avec pour éventuels projets la visite de quelques mosquées et l’espoir de trouver la faille intemporelle qui nous permettra de nous engouffrer dans la cité des morts.
Ce n’est pas si simple que cela, et c’est seulement en fin d’après midi que nous franchissons les murs du cimetière. Après quelques divagations dans une partie habitée seulement par des morts, nous faisons une pause en remarquant que si nous disparaissions ici il serait absolument impossible de retrouver notre trace. Soudain un gamin nous remarque, il a à peine quinze ans et s’approche de nous, l’air assez intrigué par notre présence sur son territoire. Je le salue avec un sourire qui se veut rassurant. La clope au bec, d’un air arrogant il me répond « Money ! »
Il refuse les gâteaux aux dattes que je lui tend et insiste pour avoir du cash. Plus loin il y a un adulte qui ramasse du bois, je lui fait un signe de la main pour bien leur faire comprendre que les intentions qui nous ont amené ici ne sont qu’amicales. Il s’approche à son tour et se présente. Ne vas pas croire que nous rencontrons que des Mohamed durant ce voyage, d’autant plus que cet égyptien là se prénomme Amr. Derrière son sourire radieux et sa moustache épaisse, sa tête fine comme celle d’un jeune poulain m’inspire confiance. Un thé ne se refuse pas, surtout dans ces circonstances et nous suivons Amr et le jeune garçon de corvée de bois jusque dans leur tombeau.
Le quartier dans lequel ils nous trimballent n’est pas tellement habité, cependant je pense que dans quelques années ces tombes vont à leur tour être investies par des familles pauvres en quête de logement, vu la croissance démographique du Caire.
La maison de Amr et de sa famille comporte deux étages, ils ont l’eau, l’électricité, une terrasse, un balcon, la télévision….la seule différence avec une maison normale c’est qu’ici il y a je ne sais combien de cadavres sous la dalle du rez de chaussée. Nous faisons connaissance avec toute la famille mais comme bien souvent la conversation est limitée, notre arabe se résumant toujours à une dizaine de mots et leur anglais à une vingtaine. De gestes en sourires, de dessins en fous rires nous parvenons cependant à résumer chacun nos curriculum vitae.
Ici la rue est le dépotoir, les déchets sont jetés du balcon dans les flaques d’égout parfois protégées par des planches ou des morceaux de cercueils vermoulus.
Amr veut nous inviter à dormir chez lui, sa sincérité est flagrante mais nous sommes contraints de refuser et préférons lui annoncer que nous allons prendre le chemin du retour avant la tombée de la nuit. L’idée de croiser des créatures en haillons dans un cimetière musulman en pleine nuit ne nous enchante guère, comment saurons nous si se sont des vivants maures ou des morts vivants ?
J’ai bel et bien compris qu’Amr, Stéphanie et Zeitoun sont dorénavant amis pour toute la vie et pour sceller cette nouvelle amitié, il nous serre très fort dans ses bras avant que nous reprenions le chemin de notre monde si éloigné du sien. Aussi brève et improbable que fut cette rencontre, elle restera pour moi inscrite à jamais dans mon cœur.
Les dernières heures de ce vendredi sont consacrées aux achats et c’est les bras pleins de tapis et de verrerie et la tête pleine de couleurs et de souvenirs exceptionnels glanés lors de cette journée de que nous raillions notre petit hôtel lui aussi hors du temps.
03 février 2007
14-Alitalia, on m'avait pourtant prévenu.
Lorsqu’au hasard d’un carnet de voyage publié sur internet je constate que le narrateur consacre une grande partie de son récit à raconter son arrivée à l’aéroport, à décrire l’enregistrement de ses bagages, à commenter le contenu du plateau repas servi dans l’avion, à relater son aller retour aux toilettes, à narrer ce qu’il observe par le hublot rayé ou encore à retracer le passage en douane à l’arrivée, j’ai plutôt tendance à changer de lecture pour chiner des aventures plus excitantes.
Cela dit, notre retour fut plus épique que la moyenne promise par les compagnies aériennes et mérite d’être ici rapporté, tout en sachant que si d’avance tu penses t’ennuyer, rien ne t’oblige à lire la suite.
LA compagnie : ALITALIA
Le vol : Le Caire/Lyon
L’escale : Milan
Quelques minutes avant l’atterrissage sur le tarmac milanais et en apercevant scintiller dans la nuit les mille feux de la capitale de Lombardie, je suggère à Stéphanie, sur le ton de la plaisanterie, de prolonger l’escale en Italie (supposée durer 45 minutes) pour aller s’offrir une petite visite nocturne de la ville, découvrir sa magnifique cathédrale, se payer un petit resto spaghetti, aller boire un cappuccino au Giovanni café…..
C’est en arrivant à la porte B25 que nous prenons conscience que ma petite prédiction n’est pas loin de se réaliser (après quelques longues secondes d’incrédulité à nous regarder mutuellement et à vérifier quinze fois de suite les numéros et horaires inscrits sur nos billets). Il faut bien le reconnaître et ni nos cris ni nos pleurs, ni nos hurlements de douleur ne le feront revenir, l’avion de Lyon, celui avec au moins deux sièges vides à son bord, vient de décoller.
Je commence à chercher des yeux, un petit coin sympa, une banquette abandonnée, un renfoncement sous un escalier qui puisse nous servir de lieu de campement pour la nuit tandis que Stéphanie s’adresse à una senora blasée, incompatible avec notre problème qui nous envoie vers una otra senora tout aussi indifférente qui nous indique toutefois un guichet loin tout là-bas où nous accueille tièdement una otra senora qui rassure Stéphanie en lui promettant un vol pour demain matin 9 h et une nuit d’hôtel aux frais de la compagnie dans de beaux draps propres tandis que j’essaie de joindre au téléphone Jacques Chirac et Zinédine Zidane pour qu’ils nous viennent en assistance de toute urgence et plus vite que ça ! (Ça c’est de la phrase que t’es pas obligé de lire toute à la suite sans respirer)
A l’étage en dessous una otra sénora aimable comme une porte d’aéroport nous demande de patienter dix minutes en attendant le taxi. Une heure plus tard un bus se pointe et nous embarque, ainsi que vingt deux autres malchanceux qui ne recommanderont plus jamais Alitalia à leur entourage.
Quelques minutes plus tard nous arrivons au Crowne plaza, un petit hôtel tout simple et modeste comme il est décrit ici :
"Le Crowne Plaza Milan Malpensa, aux standards de haute qualité, a été conçu dans une atmosphère contemporaine idéale pour les affaires ou séjours personnels. Les 135 chambres Standards et Supérieures ont toutes été conçues avec une attention particulière et sont équipés des dernières technologies parmi lesquelles : Climatisation contrôlée individuellement, fenêtres insonorisées, connexion Internet haut débit sans fil ou via câble, TV satellite, chaînes à paiement, bureau de travail et prises doubles pour le modem et/ou connexion pour fax. Le Restaurant ´La Brughiera´ propose un menu inspiré de la cuisine méditerranéenne ainsi qu’un vaste choix de vins. Le bar ´I Celti´, avec sa musique live et sa grande variété de snacks et autres options saines qui en font le lieu parfait pour faire affaire ou tout simplement apprécier de précieux moments de relaxation. Le centre de santé et de sport propose tout un circuit sportif équipé de matériel cardio-vasculaires, sauna et bains turcs. Le Crowne Plaza Milan Malpensa propose un centre de conférence comprenant 8 salles meeting pouvant aller jusqu’à 140 personnes avec une installation de type théâtre, une salle de conférence exécutive (à table unique) et un salon d´affaires équipé de photocopieuses, fax et ordinateurs parfaitement appropriés pour des petites réunions. L´hôtel offre également une navette gratuite de/pour l´aéroport (partant du Terminal 1) de 06h00 à 22h45 sans réservation préalable. Un grand parking gratuit est aussi disponible et patati et patata…."
Néanmoins nous ne profitons pas de tous ces avantages en sachant que dans la liste ci dessus ont été omis : le sèche cheveux, le fer à repasser, le bain moussant et le peignoir confortable, j’allais aussi oublier le mini bar avec de quoi se prendre une bonne cuite, mais ça ce n’est pas compris dans le prix.
Rien à dire sur le repas du soir qui dépassait largement le resto spaghetti de mes fantasmes et rien à rajouter non plus sur le petit déjeuner qui nous offre l’opportunité de remplir nos poches avec des petits cakes et autres gourmandises pour la suite du voyage (enfin pas moi, mais c’est Steph qui à eu cette idée).
En chemin pour l’aéroport, j’émets une nouvelle fois sur le ton de la plaisanterie, une hypothèse totalement loufoque qui n’est pas pour rassurer Stéphanie et qui concerne un éventuel risque que l'avion reste scotché au sol en raison de la météo. En effet, le brouillard à profité de la nuit pour s’installer confortablement dans la région et bien que sa densité soit classée 8/10 sur l’échelle de Désiréless, je ne pense pas sérieusement une seconde que cette purée de pois puisse empêcher un seul avion de décoller. ( Du moins pas le notre)
Après deux
bonnes heures d’attente face à notre porte d’embarquement, je vois soudainement
la destination de Lyon s’effacer puis celle d’Helsinki la remplacer. Sur le
tableau des départs, le mot tant redouté s’affiche en rouge sur la même ligne
que celle de Lyon.
LYON Vol 943.....................................ANNULE
Encore une fois ma prédiction s'avère juste et l'avion plus que scotché restera carrément cloué au sol.
Branle bas de combat dans nos esprits, les dents commencent à se crisper et les muscles à se tendre. Cette fois ci je t’épargne les détails, toutes ces connasses de sénora (sauf une très patiente) nos bagages à récupérer, une file d’attente interminable avec des italiens sans gêne qui n’arrêtent pas de gruger pour nous passer devant, les vols annulés qui s’ajoutent au notre (près d’une vingtaine dans la matinée), les espoirs, les appels à Jacques Chirac, les faux espoirs, Zinédine Zidane qui répond pas, les gâteaux de l’hôtel qu’on retrouve dans nos poches et qui nous réconfortent, l’énervement, le brouillard qui ne va pas voir ailleurs si j'y suis, la fatigue, l’idée d’une seconde nuit au Crowne Plaza (Chouette!!)….
La seule solution que l’on finit par nous proposer (nous sommes prioritaires en raison de l’avion raté hier au soir) c’est un vol pour Rome et si tout va bien, de Rome nous pourrons décoller pour rejoindre Lyon dans la soirée.
Et bien croyez le ou non, mais nous avons fini par arriver à Lyon !
Et encore, tu l'as échappé belle, j'ai oublié de te parler de Ginette, une française perdue qui sans nous serait peut être encore à Milan et qui grâce à nous à échappé à une procédure de divorce (Steph obligée de jurer à son mari que nous étions bien coincés dans un aéroport et que sa femme n'était pas en retard à cause d'un bel amant italien)
14 février 2007
LOOfah, ouatitiz?
Le loofah est ce qui reste après séchage d'un concombre exotique, il offre une fibre végétale qui est utilisée pour la confection d'éponges, de gants de toilettes et de divers articles aux propriétés exfoliantes.
Je viens terminer une petite page dédiée au loofah pour présenter tout ce que j'ai ramené et que j'espère commercialiser cette année, dites moi donc ce que vous en pensez tout en sachant que les noms attribués ne sont sans doute pas définitifs bien qu'un bon nombre d'entre vous devrait apprécier un peu d'humour dans un monde de brutes

































