28 janvier 2007
9-Denderah le temple aux mille visages éffacés
Après l’oasis de Dakhla, il semble logique de passer par Louxor, c’est d’ailleurs ce que nous avions prévu de faire, car la vallée des rois reste un site incontournable dans ce pays. Pourtant, à la veille du départ, nous décidons de boycotter purement et simplement cette destination pour plusieurs bonnes raisons.
Premièrement, nous refusons de financer et de cautionner la politique du gouvernement et de la ville de Louxor, qui à grand renfort de bulldozer détruit les maisons trop proches des sites touristiques afin de ne pas troubler ni épouvanter les touristes calfeutrés dans les bus climatisés. Trois cents familles (Et ce n’est qu’un début) pourtant installées depuis des générations se sont ainsi vu délogées et "demerdez vous, il suffit de quelques briques en terre pour vous reconstruire un abri"
Une méthode de nettoyage qui pourrait peut-être donner des idées au candidat de l’UMP ( échange bulldozer contre karsher) .
Après notre cure de quiétude, il nous semblait aussi bien difficile d’aller tenter le diable, car Louxor est surnommée « la capitale des rats » (Batteurs, coleurs, bat-joie) et l’idée de se battre à nouveau contre des malpolêtes (les malpolêtes sont des gens malpolis et malhonnêtes) ne nous enchantait guère (Les anecdotes au sujet des arnaques et de la mauvaise foi des margoulins locaux sont nombreuses et décourageantes)
L’usine à
fric est aussi l’autre appellation de Louxor, celui que lui donnent les
égyptiens. Notre chemin s’oriente donc plus au nord pour une escale à Quena où
se dresse un magnifique temple : celui de Denderah, dédié à Hathor la
déesse de l’amour.
Cependant nous arrivons dans une région classée à risques. Il est impossible de se promener seuls sans escorte policière, nous essayons toutefois de passer à travers cette contrainte, mais nous sommes vites repérés et subissons plusieurs interrogatoires.
D’où vient-on ? Qui sommes nous ? pourquoi sommes nous là ? Où allons nous ? Que pense t-on de l’Egypte ? Aimons nous Dalida ? Sait-on jouer de la cornemuse ? A t-on déjà mangé du ragondin ?
A vrai dire, ils sont aux petits soins avec nous, dévoués, aimables, serviables, voir même un peu lèche bottes (dans l’espoir d’un bon bakchich évidemment). Nous ne sommes pas habitués à autant de sollicitude de la part des représentants de la loi et finissons quand même par arriver au temple de Denderah après tout ces multiples contretemps.
Nous nous demandons parfois si nous ne sommes pas les seuls occidentaux en Egypte, car encore une fois, hormis quelques égyptiens disséminés entre les pierres écroulées, nous bénéficions d’un monument historique rien que pour nous deux.
Je reste sur
le cul (Par pudeur je ne me permettrais
pas de parler au nom de Stéphanie cette fois ci), face à ce temple écrasant qui en l’espace d’une
seconde me fait prendre conscience de l’importance de la civilisation
égytienne. Plus que l’imposante silhouette de l’édifice, ce sont les dizaines
de milliers de hiéroglyphes qui ornent chaque centimètre carré de pierre qui
m’impressionnent le plus. J’exprimerais mon impression par l’oxymore
suivante : il s’agit d’un travail monumentalement méticuleux.
Malheureusement les premiers crétins
chrétiens, n'ont rien trouvé de mieux à faire que de s'adonner à des
actes de vandalisme en martelant la plupart des visages représentés sur
les murs de ce temple, voulant de ce fait effacer les symboles d'une
religion polythéiste et largement démodée à leur sens.
Deux heures plus tard, les bus des tours
operators arrivent en masse. Les
groupes courent derrière les guides pressés qui agitent des petits drapeaux de
couleur différentes. Une italienne portant un masque de protection respiratoire
court aux toilettes. Les commentaires, tel un bruit qui court, résonnent dans
toutes les langues formant un brouhaha inaudible. Un bob s’envole, son
propriétaire court après. Les appareils photos pris de court, flashent à tout
va. Une américaine court un danger, elle se cogne la tête en haut de
l’escalier. Et nous par les temps qui courent, on préfère mettre les voiles,
toujours sous protection policière jusqu'à la station des microbus de Quena.
Et au fait connais tu la différence entre un voyageur et un touriste?
C'est pourtant facile....
Le voyageur ne sais pas où il va, le touriste ne sait pas où il est allé.
Commentaires
si vous étiez allés à Abydos vous auriez rencontrés la perfection, Denderah date de l'époque Ptolémaïque, qui n'est que reproduction !!
Il y a certains touristes qui se souviennent où ils sont allés !!!!
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