20 janvier 2007
3-Take Caire
Je pourrais en écrire des pages sur cette
capitale beaucoup plus envoûtante que d’autres comme Melbourne, Quito, Ventiane
ou Ouagadougou. Le Caire est une ville telle que l’on n’ose l’imaginer, une
ville dans toute son horrible splendeur, une cité baignée d’une magnifique laideur. Tel Paris,
Londres ou New York qui sont des planètes à elles seules, Le Caire est un
univers entier où chaque être humain est une petite étoile. Il y a autant de
décadence que d’espoir, autant d’optimisme que de dégénérescence. Autant de vie
que de mort. Combien de personnes trépassent chaque jour dans une ville de dix
huit millions d’habitants ?
Je te parlais de la misère inexistante, bien entendu c’est faux, mais chacun essaye de se débrouiller, vendeur de mouchoirs en papier pour cette vieille femme, cireur de chaussure pour ce jeune homme, faux guide touristique pour celui ci, livreur de pain pour cet autre. Tout le monde essaye de préserver sa dignité en évitant la mendicité. Et les plus pauvres devine où ils sont ? Ils sont au cimetière, dans la cité des morts comme on l’appelle ici. Ils squattent les tombeaux tout en entretenant les stèles de leurs ancêtres et pour rien au monde ils n’abandonneraient leurs résidence mortuaire (Pas de loyer, une surface habitable très acceptable, peu de circulation) mais je t'en dirais plus en fin de voyage après notre petite visite dans ce lieu hors du commun.
La misère est aussi et surtout animale, je n’accepte pas le spectacle d’un âne battu, affaibli, écorché, enchaîné, surchargé, assoiffé et que dire des chats, jadis déifiés par les pharaons ? Chaque dépôt d’ordure est gouverné par une meute de chats, les plus faibles se laissent mourir sous les étals des marchands de rue, les plus forts ont bien souvent un œil crevé ou une joue arrachée.
Existe t-il une démocratie dans cet état surpolicé ? Il y avait l’autre soir, une manifestation dans la rue, je me suis approché, attiré par les hurlements des portes voix. Les manifestants, qui réclamaient le jugement d’une personnalité politique qui avait sans doute abusé de ses pouvoirs, étaient bien moins nombreux que le triple cordon de police qui les ceinturaient en les acculant ( du verbe acculer, on est bien d’accord !) contre un mur, chronomètre en main l'air de dire « OK, vous pouvez manifester mais pas plus de dix minutes »
Et puis en
cet instant j’ai une petite pensée pour Toutankhamon qui se retournerai dans
ses deux sarcophages et ses quatre tombeaux si il voyait comme la récupération
de son image est abusive et exagérée.
Commentaires
Finalement, tu ne nous en as pas dit plus sur la cite des morts...pourtant on voudrait bien
patiente
la suite arrive prochainement, avec plus de détails sur la cité des morts et même des révélations intimes et des scoops inédits
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=250053&pid=3938762
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :









